<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165</id><updated>2012-02-18T09:03:18.708+01:00</updated><title type='text'>Muddy catfish</title><subtitle type='html'>Je ne crois plus en l'édition. Les contraintes sont devenues économiques, et je n'ai pas envie, compte tenu du revenu potentiel, de formattage aux goûts du public. Donc, ici, une nouvelle par mois. Gratuite. Copiable sans droits ni obligation autre que d'en respecter l'intégralité et la mention de l'auteur.  Si vous voulez la publier, tenez-moi juste au courant de où et quand. Mais je n'accorde aucune exclusivité de publication.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>32</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-8127049340273991054</id><published>2011-12-10T09:16:00.002+01:00</published><updated>2011-12-14T14:55:36.644+01:00</updated><title type='text'>La voie du dessous</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Cette nouvelle est actuellement en lecture.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-8127049340273991054?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/8127049340273991054/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=8127049340273991054&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/8127049340273991054'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/8127049340273991054'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2011/12/la-voie-du-dessous.html' title='La voie du dessous'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-7588345850790050925</id><published>2011-11-11T14:04:00.003+01:00</published><updated>2011-11-18T17:46:37.493+01:00</updated><title type='text'>Incube (titre provisoire)</title><content type='html'>&lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;En dépit du soleil, haut dans le ciel et qui dardait des rayons brûlants sur ce bel après-midi d'été, l'endroit dégageait une impression un peu sinistre. Yseult, habituée pourtant aux bâtiments romans lourds et massifs de par sa profession d'archéologue médiéviste, en ressentait le poids peser lourdement sur ses épaules.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Etait-ce du aux glapissements courroucés des choucas, aux cris rageurs des corbeaux, ou aux piaillements incessants des hirondelles ? Même la forte luminosité n'arrivait pas à dissiper le sentiment d'angoisse ténu qui prenait le visiteur s'aventurant en ces lieux. Au milieu du concert criard d'oiseaux noirs se disputant la place, le chant de la mésange, que Yseult avait toujours associé à l'été, semblait incongru, déplacé. Même la tessiture, lisse et douce, du répons mélodieux d'un merle, composant pour sa belle une joyeuse complainte aux accords et trilles complexes, ne parvenait pas à rompre ce fond sonore lugubre.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;La jeune femme sentit un frisson courir le long de la colonne vertébrale, alors qu'elle contemplait la tour, probablement seule subsistante d'un ensemble bâti au XI&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle, peut-être pour défendre la place. Elle fit le tour de la bâtisse, luttant contre les ronces qui, alliées dans une âpre lutte territoriale aux orties, avaient envahi les anciennes douves en disputant une place chiche aux noisetiers, épine-vinette et houx. Chacun de ses pas faisait s'envoler une myriade d'insectes, sauterelles, grillons, papillons, coccinelles, qui trouvaient sous les feuilles et les tiges à la fois gîte et couvert.  A deux pas de là, un immense aulne au tronc tortueux s'était acoquiné avec un hêtre à la ramure imposante et au tronc couvert d'un chèvrefeuille exubérant bourdonnant des ailes de milliers d'insectes butineurs ; leurs ramures emmêlées avait des allures de noces obscènes et contre nature. Sur le sol, dans quelques places laissées libres par les chiendents agressifs, un minuscule parterre de véroniques bleues apportait, contrastant avec la menthe odorante en fleur, une touche de couleur qui laissait augurer que la vie palpitait néanmoins ici sous une forme moins agressive. Et cette flaque d'azur, insignifiante somme toute, mais rehaussée en contraste du jaune des pissenlits ébouriffés qui poussaient un peu plus loin, était tout à fait à même de dissiper la gêne qui saisissait le visiteur en ces lieux.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Le cadastre disait juste. Il s'agissait bien d'une ancienne place forte, érigée probablement par un potentat local pour se défendre contre les brigands et conserver un lieu sûr. En grosses pierres, le mur était colmaté par un mortier d'argile et de paille sur lequel le temps avait laissé de fréquents jours que colmatait, en grands pans d'un vert sombre, un lierre exubérant. La porte en bois, depuis longtemps retournée à la poussière et aux insectes xylophages, n'était plus ; une végétation clairsemée, de plus en plus pâle à mesure que l'on pénétrait dans la tour, tentait de coloniser les lieux. Si, comme Yseult en avait l'intime conviction, il s'agissait là d'un bâtiment exceptionnellement conservé, il y avait urgence à le dégager de la gangue végétale qui menaçait de le réduire à quelques rocs épars.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Quand l'archéologue passa le seuil, une nuée de choucas prit son envol, et elle eut la brève impression que, de cette tenture noire et mouvante, se dégageait comme une longue respiration sèche issue d'un passé à jamais perdu sous la poussière. A nouveau, elle frissonna.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Une chose, ronde, molle et dure à la fois, faillit la faire choir alors qu'elle marchait dessus. Se baissant, Yseult ramassa un crapaud débonnaire qui plongea les paillettes d'or de ses yeux dans les iris couleur de ciel de l'archéologue. La jeune femme sourit. Elle avait toujours apprécié ces batraciens discrets, déifiés en Égypte et ailleurs, et ne goûtait guère aux légendes associant cet animal aux maléfices et à la mort, préférant indubitablement l'associer aux contes où, sous l'effet d'un baiser, il se transformait en prince charmant. Elle fut tentée, par défi autant que par amusement, d'expérimenter un bref instant la véracité de ces histoires anciennes. Yseult aurait bien besoin, en effet, d'un prince charmant. Son cœur de gratteuse de poussière était en jachère depuis bien trop longtemps et le vide que constituait dans sa vie son statut de célibataire appelait tant à être comblé quand, parfois, la nuit, elle s'éveillait dans des draps qui soudain lui semblaient bien trop froids, et son lit bien trop grand pour une seule personne. Mais elle n'était pas venue céans pour jouer les jeunes princesses enamourées ou les rêveuses évaporées. Lui accordant une brève caresse, elle reposa le batracien sur le sol.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;L'intérieur, pauvrement éclairé par les ouvertures multiples dans les parois, baignait dans la luminosité verte apportée par le soleil filtrant le lierre. L'air sentait sentait l'humus desséché et des souvenirs de choses mortes auxquelles se mêlaient des remugles acides de déjections animales. Sous sa chaussure de marche, quelque chose craqua, ossement d'un petit rongeur dévoré ici au calme par un renard ou un blaireau, ou encore squelette d'un oiseau aux plumes fanées parsemant de leur souvenir coloré les reliefs anciens du festin d'un rapace. Si la tour ancienne était bien connue de la vie animale, pour autant l'homme ne faisait plus partie de ses occupants depuis bien longtemps. D'ailleurs, qui aurait bien voulu s'installer ici, loin de tout ? La place, située en hauteur, offrait certes un panorama impressionnant sur les alentours, mais la forêt proche en encombrait l'horizon et pour accéder ici, Yseult avait dû batailler ferme pour s'extirper des sous-bois touffus qu'une nature foisonnante de verdure avait colonisé totalement.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Conséquent de l'éboulement partiel d'un mur, un gros tas de pierres encombrait un angle de la pièce. Au sol, d'innombrables coquilles d'escargot vides indiquaient sans l'ombre d'un doute qu'une famille hérisson y avait demeure depuis de nombreuses générations.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Le rez-de-chaussée, se composait en tout et pour tout d'une seul pièce, carrée, et vide. L'œil exercé de Yseult distingua néanmoins, aux légères marques sur le sol, l'emplacement de quelques meubles, depuis longtemps pulvérisés par l'inexorable passage du temps : une table, quelques tabourets ou bancs, une armoire peut-être, un coffre ou un râtelier...&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;A la lueur de la lampe torche qu'elle venait d'allumer, la jeune femme trouva sur la terre qui composait le sol des traces rouges, du fer certainement depuis longtemps rongé et retourné en poussière sous l'action de l'humidité et de la rouille conséquente. Il y avait eu des armes entreposées ici, et l'on pouvait sans peine imaginer, dans ce tracé oblong, la forme d'une longue dague, ou encore en cet endroit la rondeur d'une masse, voire plus loin, là, multiples, les restes de fers de lances. Yseult, consciente toutefois qu'il eût fallu des analyses chimiques pour en avoir la certitude, pensait pour sa part, tant en raison de la nature des lieux que de leur emplacement, qu'une garnison était postée ici, autrefois, quand résonnaient les bruits des hommes et que la nature n'avait pas repris ses droits. Mais désormais, seuls les fantômes des armes hantaient encore les lieux et venaient confirmer ses soupçons.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Un escalier, au fond, en pierre, menait vers le haut. Il avait curieusement été épargné par les ravages de l'entropie, et semblait suffisamment solide pour que l'on puisse s'y aventure. L'archéologue y posa le pied et, lentement, précautionneusement, tout autant pour éviter de l'abîmer qu'afin de ne point chuter, en gravit les degrés. Si le plafond depuis belle lurette n'était plus, il en subsistait de grandes poutres marquées des tunnels et circonvolution des tatouages dus aux vers xylophages.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;L'escalier débouchait sur un espace, carré lui aussi, et vide. Une ouverture béante dans le mur laissait pénétrer un petit peu largement les rayons du soleil. L'étage sans conteste était destiné à disparaître dans un avenir très proche et semblait ne tenir en place que grâce à la vertu des innombrables toiles d'araignée festonnant liant les poutres aux parois et aux restes de planches vermoulues dont seul subsistaient quelques moignons, accrochés aux parois comme des arapèdes sur des rochers affleurant, attendant que patiemment la mer du temps les dissolve et les façonne en grains de sable. Toutefois, aux légers affaissements locaux des bastaings anciens et vermoulus, l'on pouvait encore deviner, avec un rien d'imagination, le souvenir de cloisons.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Sans raison aucune, Yseult pensa que l'étage autrefois servait de prison ; mais qui donc avait-on enfermé ici ? Des brigands capturés en attente de leur jugement ? Et si cette tour était le repaire de malandrins, de détrousseurs, des hommes et femmes, dans l'attente d'une rançon payant le solde de leur incarcération ? Les hommes étaient souvent cruels, en ces temps troublés, ne reconnaissaient pour seule et unique raison que la loi du plus fort. Les pensées de la jeune femme prenaient un ton morbide, contrastant violemment avec la clarté de l'après-midi et les bruits de la nature bruissant de vie au sein du lierre extérieur et dans la moindre fissure de la paroi. Effleurant les franges de son esprit, des images naquirent brièvement de torture, de violence, de cris et de pleurs, de larmes et de sang versé, pour s'évanouir aussi rapidement qu'elles avaient vu le jour. Mais l'archéologue était accoutumée à de telles pensées, et la force de l'habitude les avait apprivoisées, et désormais elles n'étaient que des données à computer, à ordonner pour bâtir un tableau des temps anciens.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Comme elle le faisait fréquemment lorsqu'elle découvrait un possible lieu de fouilles, Yseult s'assit, dos contre la paroi, sur la dernière marché de l'escalier, et tenta de sentir l'atmosphère des lieux, de s'en imprégner, de mieux appréhender où elle se trouvait et ce qu'il était possible de faire, d'imaginer comment alors étaient agencées les pièce de la bâtisse. Les yeux fermés, elle écoutait, sentant sur sa peau la chaleur du soleil, sous ses fesses la pierre, froide en dépit de la température de l'été, contre son dos le grain grossier des roches mêlées aux restes du mortier qui les avait assemblées et jointes.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Quoi qu'ait pu être cette bâtisse, l'archéologue s'y sentait bien, le Moyen-Age et ses cruautés étaient loin dans le temps, et la jeune femme s'abandonna, l'espace de quelques instants, à ce sentiment de ne faire qu'un avec l'endroit, un peu comme si toute sa vie n'avait été qu'une longue convergence inéluctable vers cette tour médiévale, comme si, ici, enfin, elle trouvait, au-delà de son emploi, un vrai sens à son existence. Plongée dans une rêverie profonde, elle en perdit la notion du temps.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Le tonnerre, éclatant brutalement, la fit sursauter, réveillant en sursaut dans son fracas un vol fébrile de murins, rhinolophes, oreillards et noctules ; répondant à la nuée des chiroptères, la pluie, déversée à foison d'innombrables tonneaux célestes, tomba à verse, et les nuages, chargés d'énormes gouttes, cachèrent le soleil qui l'instant d'avant chauffait sa peau. Un vent violent, froid et humide, se leva, faisant tourbillonner la poussière en grands diables virant en tous sens. Yseult enserra ses genoux dans l'étreinte de ses bras et, brutalement saisie par la différence de température, frissonna. Si elle était, là où elle se tenait, relativement à l'abri de la pluie, les grandes gifles de la bise d'orage la fouettaient sans discontinuer. L'escalier déjà était trempé, et le descendre allait s'avérer pour le moins périlleux ; aussi attendit-elle la fin de l'orage estival qui, sans discontinuer, faisait rage au-dehors.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="CENTER"&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Yseult fut réveillée par un hurlement affreux qui faillit la faire choir des marches de l'escalier. Se morigénant, se moquant d'elle-même et de ses craintes stupides, elle identifia le cri terrifiant d'une jeune chouette effraie. Elle n'avait pas souvenir de s'être endormie ; ses muscles raides lui affirmaient que pourtant tel avait bien été le cas. La lune s'était levée, l'orage éloigné. Il faisait frais, mais non au point de glacer la peau. Seul souvenir de la tempête, un vent léger caressait le visage de la jeune femme, portant des senteurs nocturnes, mais aussi celle de la poussière, de choses oubliées et que l'on aurait tort de vouloir se remémorer. Une chouette en maraude hulula, et son chant bientôt fut repris de proche en proche par ses congénères. De la mer de son assoupissement émergeait dans l'esprit d'Yseult, en écume frémissante volant au vent de ses pensées, d'étranges images, un homme en costume médiéval, des armes, des combats, la brûlure d'un amour intense. Si elle avait prêté quelque attention aux signes et messages des rêves, elle aurait pu en conclure que la tour avait capturé une parcelle de son âme et que les pierres et les murs chargés d'âge lui communiquaient des visions chargées de sens et des messages la concernant, elle, sa vie, sa fonction, son avenir ; mais lorsqu'on est archéologue, toute théophanie est à prendre comme expression culturelle, et Yseult écarta bien vite ses pensées, indignes de la chercheuse cartésienne qu'elle se targuait d'être.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Gagnant en force, le courant d'air se fit insistant. Soudain inquiète devant ce phénomène étrange, l'archéologue regarda autour d'elle : il lui sembla, incongrûment, qu'il n'y avait que sur son corps que soufflait le vent. Elle tendit l'oreille. Au sein des bruits nocturnes de la nature, elle perçut comme un murmure sec et froid échappé d'une bouche chargée d'éons ; glacée d'horreur, la jeune femme crut y reconnaître son prénom, chuchoté dans la nuit : « Yyyyyyyyyseuuuuuuuult ... Yyyyyyyyseuuuuuuuuuult ... »&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Tentant de masquer, sous un rictus amusé et crispé, la crainte qui commençait à lui tordre les entrailles, Yseult se raisonnait : nul ne pouvait l'appeler, il n'y avait personne aux alentours, ce devait être l'effet de son imagination débordante, de ses songes et rêveries ineptes. Mais à mesure que passait le temps et que son visage était incessamment balayé par le vent sec, le cri se faisait plus précis, plus proche, évoquant le bruit de grandes ailes de rapaces, mais aussi la menace inéluctable de grand périls à venir.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Mais le vent, brise se faisant bise, centré sur sa personne, insistant, caressant ses joues, s'attardant sur ses lèvres, balayant dans le même temps sa nuque au mépris des lois qui régissaient les mouvement des mouvements d'air....&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;« Un vent tournoyant, probablement, ou tourbillonnant, ou que sais-je encore » tenta-t-elle de se rassurer. Mais quand ce vent s'insinua entre les boutons de sa chemise pour venir passer sur sa peau nue, elle ne put empêcher un intense sentiment de frayeur l'envahir. Elle eut pu se lever, courir au bas des marches et retrouver plus loin, au terme d'une bonne heure de marche, la civilisation et l'abri, confortable et rassurant, de sa voiture ; glacée de terreur, elle était paralysée, bloquée là en haut des marches, en cette tour à vocation guerrière passée, dont l'atmosphère soudain serrait sa gorge et faisait battre son cœur d'une violente panique glaçant ses sangs et la pétrifiant sur place, faisait couler en ses veines un sang plus froid que le plus profond des hivers, roidissant ses muscles et la laissant ainsi désarmée et sans défense, proie devenue jouet sous les prunelles d'un effroyable prédateur.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;« Yyyyyseuuuuuuuuuult, souuuuuuuuuuviiiiiiiiiens-toiiiiiiiiiiiiiiiii... Yyyyyyyyyyyseuuuuuuuuult, Yyyyyyyyyseuuuuuuuuult, souuuuuuuuuuuuuviiiiiiiiiieeeeeeeeeens-toiiiiiiiii ... »&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Son imagination désormais lui faisait interpréter les vagissements du vent dans les pierres disjointes, la portait à donner un sens à ce qui n'était que fariboles, monstres dans le placard et autres contes à dormir debout. Pour autant, la jeune femme se sentait bien incapable de bouger et de quitter les lieux. Les yeux fermés avec force, elle tentait sans grand succès de se rassurer, de se raisonner, quand soudain le vent, de plus en plus insistant, de plus en plus fort, arracha le premier bouton de sa chemise, exposant la naissance de sa gorge nue.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Yseult, brisant brutalement la gangue de terreur qui avait emprisonné jusqu'ici ses cordes vocales, hurla de terreur.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm" align="JUSTIFY"&gt;Alors, soudains le vent cessa de souffler.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-7588345850790050925?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/7588345850790050925/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=7588345850790050925&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/7588345850790050925'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/7588345850790050925'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2011/11/incube-titre-provisoire.html' title='Incube (titre provisoire)'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-7935023313232906921</id><published>2010-12-16T17:50:00.002+01:00</published><updated>2010-12-16T17:56:33.924+01:00</updated><title type='text'>Bolltroal</title><content type='html'>&lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Qui n'a jamais entendu Bolltroal tousser, au beau milieu de la nuit, dans un récepteur télé débranché, ne sait pas ce que c'est que l'angoisse.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;C'est une toux grasseillante, comme des cailloux qui rouleraient dans une bétonnière emplie d'huile, roulant les uns sur les autres dans un fracas métallique et mouillé.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Et sa voix, sa voix... grêle, haut perchée, ridicule ; même si personne jamais ne le vit, ceux qui eurent un jour le déplaisir de l'entendre ne peuvent désormais imaginer Bolltroal autrement que sous la forme d'un gnome obèse, au visage pourtant terriblement famélique, un visage où la peau serait tendue à se craquer sur des pommettes osseuses, et au beau milieu de celui-ci, embroché comme un rameau de saule tortueux, un nez long et grêle, surplombé de deux petits yeux malveillants aux reflets jaunes ; quant sa bouche, croissant de lune grignoté par des minuscules dents pointues, ouverte sur un rire moqueur et terrifiant, comment l'oublier ?&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Voyez mes cheveux, qui en l'espace d'une nuit sont devenus blancs, voyez mes mains qui tremblent, mon regard affolé sans cesse qui court d'un coin sombre à un autre, observez comme le moindre bruit me fait sursauter. J'ai connu ce démon, dans une autre vie, dans un passé qui n'est pas si loin. Mais j'en suis revenu. Alors, excusez mes gloussements hystériques, excusez mes sautes d'humeur. Car, moi, j'en suis revenu, même si ayant laissé dans cette rencontre une part de moi-même, peut-être la plus importante ; mon âme, diraient certains.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Cela a commencé un soir alors que j'étais couché et errai entre sommeil et conscience, entre rêves et réalité.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Un toux, grasse et malsonnante, m'avait réveillé. Celle de Bolltroal, même si je ne connaissais pas son nom, à l'époque. Autour de moi, la maisonnée dormait, silencieuse. La gouvernante, dans sa chambre, ronflait. Le cuistot, à l'étage, remuait dans son seommeil, faisant grincer les ressorts de so sommier. C'était l'hiver, un hiver gris et triste au manoir, avec le chant des râles d'eau et des effraies pour vous tenir compagnie dès 17 heures, quand le soleil se couche..&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Je ne vis plus au manoir. Nul n'y dort plus que, le temps d'une nuit, des hôtes de passage, de ces personnes qui souhaitent connaître le grand frisson et se moquer au petit matin de leurs terreurs nocturnes. A leur grand dam, Bolltroal ne se montre plus, pas plus que son grand chien jaune qui arpentait les couloirs et les escaliers, quand tout était calme et endormi, ses griffes cliquetant sur le bois du parquet et éveillant des échos étranges et secs dans les chambres inoccupées.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Un manoir, pour l'entretenir, on en fait en général un hôtel plein de cachet. En matière de cachets, le mien regorgeait de ceux prescris par les différents médecins et psychiatres qui se succédèrent un jour ou un autre à mon chevet, car sinon... En soi, la bâtisse du 19&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle avait ce caractère ostentatoire et industriel très m'as-tu-vu qui avait cours dans la petite noblesse bretonne d'alors. Façade tout en angles, une petite terrasse, des fenêtres rectangulaires, et hormis la vue magnifique sur la forêt, rien d'exceptionnel, somme toutes. Sinon qu'on l'a disait hantée.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Et que l'on avait raison, même si les fantômes qui la hantent sont faits de souvenirs douloureux et culpabilisants. La seule force de Bolltroal est là, mais il me fallut plus d'une nuit pour le découvrir.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Car c'est de la sorte que ce démon se manifeste, par les souvenirs. Ça, et sa toux, dans les récepteurs télés éteints, et quand tout le monde dort profondément, bien sûr.&lt;/p&gt; &lt;p style="margin-bottom: 0cm;"&gt;De tous ceux qui y louèrent une chambre, je ne sus que rarement comment ils avaient eu vent de la hantise du manoir. Le web, peut-être, ou alors un entrefilet dans un journal quelconque en mal d'article sensationnel. Mais cela n'a gère d'importance.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-7935023313232906921?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.youtube.com/watch?v=IAmMNmmrUOQ' title='Bolltroal'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/7935023313232906921/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=7935023313232906921&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/7935023313232906921'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/7935023313232906921'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2010/12/bolltroal.html' title='Bolltroal'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-8037880703789852232</id><published>2008-10-30T11:41:00.002+01:00</published><updated>2008-10-30T11:50:28.709+01:00</updated><title type='text'>Brumes de nuit en phase d'évaporation</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;Me voici à nouveau, Luminalba, présent devant toi. Je sais que, concernant de nombreux textes, ils sont nombreux à m'attendre, il y a Lucie, il y a Ned, il y aussi ce fan-club qui s'est créé. Mais parfois, le besoin d'écriture ne s'accomode pas de chemins nécessaires et prend des voies de traverses, nourri par les liens hors des textes, ceux de la vie où vivent de vraies personnes. On ne maîtrise pas toujours son inspiration. Alors, pour ceux qui avaient aimé la princesse et le paysan, voici une variation locale de ce compte. A bientôt, les gens, portez-vous bien, et n'oubliez jamais de chanter.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Marguerite blanche biche&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Selon une très vielle légende,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;En hommage à Charles Quimbert et à tous les collecteurs des souvenirs qui s’effacent.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;La nuit particulière de cette année -là, le vent s’est éteint, avec un dernier chuchotis murmuré dans le friselis de l’eau du lac. L’automne roussissait les fougères et rougissait les feuilles des arbres. Sur l’eau immobile s’est dessiné, tremblotant, le reflet de la lune pleine et de son halo d’argent. Une chouette est passée, silencieuse, dessinant de son vol léger une fragile strie, noire et fugace, sur le tapis d’étoiles de la nuit. Un grand frisson a parcouru les berges du lac du château de Comper, quand dans le monde caché gémirent, pour la première fois de tous les temps, les voix des pleureuses.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Sous l’onde, tout dormait. Dans le palais de cristal de dame Viviane, que seul savent discerner ceux qui accrochent des étoiles dans les irisations de leurs pupilles, rien ne bougeait, les portes étaient closes. Les algues ondulaient paresseusement dans le léger courant et l’on aurait presque pu se croire emprisonné dans un verre épais. La proximité entre le monde du petit peuple et celui des humains se faisait évidente, et ses frontières fragiles ; car des ponts parfois naissent spontanément, en de telles nuits, quand une feuille, en cercles lents, choit du firmament et fait croître, sur la surface du lac, des cercles concentriques qui lentement s’éloignent et s’évanouissent au lointain.&lt;br /&gt;Viviane avait parmi ses suivantes une dénommée Marguerite, fille des forêts qui l’avait suivie dans son palais. Et quand les soirs de pleine lune résonnait l’appel du cerf sous les ramures des bois proches, Marguerite sentait battre plus fort son cœur, et le désir la prenait de revenir parmi les siens. Alors, subrepticement, sans déranger le moindre grain de sable du fond du lac, elle ouvrait l’une des fenêtres du palais de cristal et s’accoudait sur son chambranle. Elle soupirait silencieusement, écoutait, à en perdre raison, les bruits des halliers et des sentes, le passage furtif d’un renard en maraude, le grognement sourd du sanglier fouissant, le halètement de la harde qui paissait dans les clairières et qui, sans nul doute, formait des panaches de vapeur dans la froidure de la fin d’octobre. Le mois tirait à sa fin, et novembre à venir était en gésine de linceuls blancs sur l’herbe du matin.&lt;br /&gt;Un tel soir, elle sentit sur son épaule, léger comme un rêve de papillon qui se poserait, la paume de sa maîtresse :&lt;br /&gt;- Te voilà bien songeuse, Marguerite. Quel est ce secret qui barre ton front d’une ride, qui éteint les étincelles dans tes yeux ?&lt;br /&gt;- C’est que je me languis, Viviane ma maîtresse. Les arbres de Brocéliande me manquent, comme le bruit de mes pas dans les feuilles mortes, et l’odeur de l’hiver qui peu à peu empreint le monde de la terre, quand ici est le monde des eaux.&lt;br /&gt;- Tu es fille des forêts, et tu as choisi de demeurer avec moi, m’en faisant la promesse ; souhaites-tu que je te délie de ce serment ?&lt;br /&gt;- Je n’ose vous le demander, Viviane ma maîtresse. Mon cœur se consume de ne pouvoir à nouveau battre sous la cime des hêtres et des chênes.&lt;br /&gt;- Alors va, Marguerite, je te délie, pour une nuit, de ton engagement. Cette nuit est tienne. Mais cependant, je te mets en garde…&lt;br /&gt;- Oui, Viviane ma maîtresse ?&lt;br /&gt;- Hors de ce palais, la vie n’est pas seulement chemins de chevreuils et blaireaux, car depuis que tu me suivis ici, les hommes se sont arrogés le droit de faire la forêt à leur image, une image de force, de violence et de mort. Prends garde à ne pas croiser leur chemin, Marguerite.&lt;br /&gt;- J’en aurai grand soin, Viviane ma maîtresse. »&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Etendant ses bras couverts d’une mante en tissu léger, Marguerite prit son envol du fond du lac, gagnant la surface à grands coups d’aile tranquilles. Entre les nénuphars, sa tête émergea, et l’eau lissait ses cheveux blancs et faisait un masque luisant à sa douce figure. De la manière d’un serpent, sinueuse et vive, elle gagna le rivage et sortit de l’onde, sous la pleine lune d’octobre.&lt;br /&gt;Suivante de la fée Viviane, elle connaissait le secret des images. Sur le lac, son reflet explosa sans un bruit en une myriade d’étincelles fulgurantes. Quand repassa sous l’astre nocturne le vol de la chouette, buvait, le cou tendu, éclairée par l’argent de la lune, une blanche biche.&lt;br /&gt;Marguerite releva la tête, huma l’air de ses naseaux veloutés, ses oreilles frétillèrent. D’un bond gracieux, légère comme une touffe de plumes emportée par le vent, elle s’élança en direction des arbres proches.&lt;br /&gt;La harde paissait dans la clairière. Elle passa la nuit avec ceux qui étaient ses semblables à présent. Puis, au petit matin, comme la brume se levait sur le lac, elle regagna l’onde et redevint la suivante de la fée Viviane, jusqu’à l’année suivante.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Il en fut ainsi, au fil des temps ; chaque dernière nuit d’octobre, elle quittait le palais de cristal et renouait avec les liens de la forêt. A chaque fois, le paysage, pourtant toujours le même, différait. Un pont fut construit, un château de pierre érigé, des hommes y vécurent, se succédant génération après génération. Il y eut des flammes, certaines années, qui couronnèrent l’édifice, et ces années-là Marguerite ne quittait pas le palais de cristal. Il y eut des fracas terrifiants, acier contre acier, des râles, des cris et des pleurs, et ces années-là non plus elle ne s’éloignait du palais que la magie de sa maîtresse, instruite par le grand Merlin, cachait aux yeux de tous, de plus en plus profondément, de plus en plus loin.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le monde des hommes se transformait, des machines bruyantes rayaient l’azur du ciel, des détritus étranges se posaient sur le fond du lac, désormais de vase, et y demeuraient pour une éternité, refusant de retourner à la terre comme le font les seules choses qui comptent.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Mais un jour, sur les berges du lac, refleurirent les robes et les broderies de temps révolus, et, suivis d’une troupe assez grossière d’humains du vingtième siècle, des figurants encostumés faisaient revivre la splendeur des âges d’autrefois, quand les frontières entre les mondes étaient plus ténues. Cette année-là, alors que, à proximité du lac, le chêne fêtait ses quatre cents ans, Marguerite osa à nouveau quitter le palais. Mais elle ne se transforma point en blanche biche, choisissant de côtoyer, l’espace d’une nuit, ces humains de théâtre. Au fil des ans, elle apprit à les connaître, et dorénavant, son cœur battait plus fort et rougissait ses joues quand surgissait Renaud, la taille souple, les épaules larges, le cheveu noir et les yeux bleus.&lt;br /&gt;Il faisait partie de la troupe du Cercle de l’Imaginaire Arthurien qui, tous les ans, pour le bonheur des touristes, tentait de faire revivre les légendes de Brocéliande. Il sympathisa avec Marguerite, et s’étonnait de ne la voir qu’une seule nuit l’an ; mais jamais la suivante de Viviane ne lui révéla son secret. Il lui fit maintes promesses, lui tint maints langages roucoulés d’amoureux, la prit souvent par la taille, inventait pour eux deux des jeux adultes, mais jamais ne sut voir la blanche biche sous la peau de la femme ; quant à la suivante de Viviane…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Renaud rêvait les temps imaginés de la légende, les recréait sans se soucier de leur vérité ou de leur cohérence, jouait être un seigneur de jadis, vivait en somme plus sous son costume médiéval que dans son triste habit gris d’humain banal. Mais toujours, il ne voyait Marguerite qu’une seule nuit l’an.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-8037880703789852232?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/8037880703789852232/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=8037880703789852232&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/8037880703789852232'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/8037880703789852232'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2008/10/brumes-de-nuit-en-phase-dvaporation.html' title='Brumes de nuit en phase d&apos;évaporation'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-4081414542987919789</id><published>2008-07-21T11:37:00.008+02:00</published><updated>2011-11-18T17:51:27.842+01:00</updated><title type='text'>Issu de la glaise, tu retourneras à la glaise</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;Cette nouvelle est parue dans l'anthologie "Jeunesse Eternelle" parue aux éditions Lokomodo&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-4081414542987919789?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/4081414542987919789/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=4081414542987919789&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/4081414542987919789'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/4081414542987919789'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2008/07/issu-de-la-glaise-tu-retourneras-la.html' title='Issu de la glaise, tu retourneras à la glaise'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-4598063016641553596</id><published>2008-07-21T11:01:00.004+02:00</published><updated>2008-07-21T11:35:09.658+02:00</updated><title type='text'>Quelques larmes, de l'eau au coeur de l'été</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;J'ai été absent longtemps, Luminalba. Mais je ne suis jamais bien loin, tu sais ?&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Voici quelques larmes, de l'eau salée comme la mer. Je ne suis pas souvent quelqu'un de très gai, et pour me faire pardonner mes cris, pour donner à ceux qui nous lisent les clés pourcomprendre comment laisser l'eau couler sans y brûler l'âme ou le coeur, je vais ajouter une deuxème histoire, plus initiatique, plus chamanique.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;A bientôt, le monde, à bientôt, les gens.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Capt'ain Bill&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Papa met de l'huile, mais dit jamais rien, vu son caractère, comme dit maman. Maman, elle, elle met du harissa. Tu comprends, qu'elle me dit, c'est pour que l'os ait du goût. Moi, je m'en tape, du goût de l'os, tout ce que je sais, c'est que harissa, ça brûle grave et que j'aime pas ça.Pendant qu'ils font leurs trucs, moi, je ferme maximum les yeux et je pense au cap'tain Bill et comment je vais le torturer la prochaine fois que je vais le voir.&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Le cap'tain Bill n'existe pas pour de vrai, faut pas non plus me prendre pour un naze légume, je sais bien que c'est une invention, mais moi, je trouve que c'est une invention maximum pratique et puis que c'est une invention que j'aime bien.&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Avant, y'avait que papa, maman, elle faisait rien. Mais depuis qu'il y a eu ce soir, avec les milices et tout le reste, quand elle est rentrée maximum tard avec sa robe toute déchirée et que papa a rien dit du tout malgré que son shoot était trop vieux et qu'il a tout vu, alors ça l'a pris aussi, maman, je veux dire, mais pas comme papa, bien sûr, ce ne serait pas possible, je le sais, faut pas me prendre pour un naze légume. Maintenant, papa le fait plus souvent, et c'est devenu tous les soirs avant le câlin du dodo, papa ou maman, ça dépend des fois, mais jamais les deux.&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Hier, j'ai pris le cap'tain Bill par les cheveux, les petits, tout derrière la nuque, puis j'ai tiré giga fort et il a crié, ça lui faisait mal, mais moi, ça me faisait plutôt du bien. Des fois, je le mords aussi, ou je lui arrache les bras. Il crie vraiment puissant fort, et moi ça me fait des choses. Mais je ne lui crève jamais les yeux, parce que ce serait très méchant et des fois il pourrait ne plus revenir même que ça me fait un peu peur ce qu'ils ont dit quand ils l'ont réparé pour la dernière fois.&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Ça brûle, le harissa. Mais maman dit qu'elle est obligée d'en mettre, sans ça, elle dit qu'elle ne sent rien à cause des milices et tout ça et la robe déchirée que même papa a rien dit vu que c'est son caractère et comme tout fout le camp.&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Quand j'ai essayé le harissa avec cap'tain Bill, c'était pas possible, parce que le cap'tain Bill, il est pas tout à fait vrai partout. Alors j'ai été faire un tour chez les poupées de papa. Elles, le harissa, elle connaissaient pas, le truc à papa, c'est plutôt l'huile et c'est normal, lui non plus, il n'aimerait pas le harissa, j'en suis sûr et certain même s'il n'en a jamais parlé, vu que de toutes façons il ne parle presque jamais et tout ça.&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Le truc, pour arriver jusqu'aux poupées, c'est de choisir le bon passe, faut pas que je prenne le mien, sinon je me fais jeter, mais avec celui de papa, pas de problèmes, faut juste pas qu'on remarque que je l'ai piqué, alors j'ai surfé quand il était pas là. Les poupées, le harissa, ça les a brûlées aussi, mais les poupées de papa sont vraiment giga nazes connes comme pas deux, on dirait des poupées pour nazes légumes profonds et en plus, elles sont même pas belles à cause de leurs trucs noirs et rouges et de leurs bottes pointues de partout. En plus les poupées de papa sont même pas intelligentes, parce que malgré que ça les brûlait puissant fort le harissa, on dirait même plus que moi, elles en voulaient encore et me faisaient des gestes pour réclamer à cause qu'elles pouvaient pas parler à cause des baillons et des masques. Je n'aime pas les poupées de papa, je crois que je préfère le cap'tain Bill, il est moins con, lui au moins, c'est pas comme les poupées nazes connes à papa qui font rien que de se secouer quand on les touche, et quand on lui fait mal, au cap'tain Bill, je veux dire, et qu'il crie, au moins, c'est pour de vrai et pas dans le casque.&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Hier, il y a une assistante qui est passée, la vieille, celle qui a des poils dans le nez et des grosses lunettes qu'on dirait des projecteurs et qui pue vraiment, et elle m'a demandé si tout allait bien, si ça allait les leçons sur la télécole, si j'étais content du cap'tain Bill, le genre de conneries habituelles qu'elle pose toujours, quoi. Moi, j'ai répondu tout va bien, rien de neuf docteur, alors elle a rigolé et s'est branchée avec ses trodes persos sur la borne du net pour interroger cap'tain Bill. Il ne lui dira jamais rien, cap'tain Bill, pour le harissa et l'huile. J'ai mis un verrou sur ses datas. Mais bon, la vieille, elle s'est rendu compte de quasirien, alors elle a vidé cap'tain Bill de ses datas pirates, ensuite elle s'est tirée sans attendre papa et maman et j'ai de nouveau été seul. Alors je suis parti surfer et torturer mon cap'tain Bill.&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;L'huile, le harissa, je ne sais pas si c'est bien ou si c'est mal. Papa veut pas que j'en parle, et maman non plus. Le harissa, ça brûle, et puis l'huile, j'aime pas, après, je suis puissant sale dedans et dehors et même des fois quand il n'y en a pas assez ça fait mal aussi. Mais je ne dis rien, ils sont tous les deux si gentils après, on dirait même pas un papa et une maman de la réalité, on dirait un papa et une maman de la publicité. C'est pour ça que je ne dis rien, parce que alors je les aime tellement très fort, mon papa et ma maman.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-4598063016641553596?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/4598063016641553596/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=4598063016641553596&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/4598063016641553596'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/4598063016641553596'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2008/07/quelques-larmes-de-leau-au-coeur-de-lt.html' title='Quelques larmes, de l&apos;eau au coeur de l&apos;été'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-8169757888671005996</id><published>2007-12-24T19:17:00.007+01:00</published><updated>2011-11-18T17:53:03.758+01:00</updated><title type='text'>Conte de Noël</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;C'est le réveillon, ce soir, Luminalba. Je ne crois pas que cela signifie grand chose pour les licornes, mais pour les humains, c'est un temps de fête. C'est un temps de contes, aussi. Les contes de Noël finissent toujours mal, et sont porteurs de messages, c'est la tradition qui veut ça. Et s'ils ne comprennent pas, ils pourront demander à Lucie. Elle sait, elle, c'est même elle qui m'avait appris l'incident à l'origine de cette nouvelle. Alors, Luminalba, pour les humains qui nous lisent, et parce que je leur adresse mes meilleurs voeux de joie pour ce réveillon, je leur ai écrit ce petit conte. Joyeux Noël, le monde. Joyeux Noël.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Fils du vent, voleur de poules&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette nouvelle est parue dans l'anthologie "Identités" parue aux éditions Glyphe&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-8169757888671005996?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/8169757888671005996/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=8169757888671005996&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/8169757888671005996'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/8169757888671005996'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2007/12/conte-de-nol.html' title='Conte de Noël'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-4402230279568646175</id><published>2007-11-13T17:45:00.001+01:00</published><updated>2007-11-13T17:59:38.767+01:00</updated><title type='text'>D'où les histoires viennent...</title><content type='html'>&lt;div align="left"&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;Début d'une histoire... Premier jet, brut de décoffrage, tapé à la volée comme ça venait. Un jour, je la finirai. Quand j'aurai plus de temps.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Valeur de sang, valeur de temps&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il était une fois la fille de l'empereur de Chine, qui s'en allait en son équipage de par les chemins du monde, devisant de choses et d'autres avec son précepteur et sa servante. Il était cette même fois un pauvre paysan célibataire, sur le bord des routes du monde, qui y avait un champ, y cultivait des légumes et s'y trouvait pour retourner la terre avec ses moyens de pauvre paysan célibataire. Il faisait beau, et le soleil brillait ainsi qu'il en va quand des événements tels que ceux que je vais vous conter se produisent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le carrosse, la fille de l'empereur discutait de la valeur des choses quand elle vit, courbé en deux, gris sur le brun clair de terre retournée, le pauvre paysan célibataire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ainsi donc, dis-tu, précepteur, sang a valeur de roi quand temps a valeur de paysan ?&lt;br /&gt;- Il en est ainsi, sublime fille de l'empereur, c'est ainsi que vont les choses de par les chemins du monde. Sang pour les rois, parce le temps leur appartient, temps pour les paysans, puisque le sang leur appartient."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fille de l'empereur de Chine était têtue et n'aimait pas ne pas comprendre. Or, les paroles de son précepteur, pourtant emplies de sagesse selon ses dires, semblaient très obscures, un galimatias dans lequel elle comprenait les mots et leur arrangement, mais non leur sens réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi, elle fit arrêter le carrosse passé un tournant, pour que ne la reconnaisse pas pour ce qu'elle était le pauvre paysan célibataire, et en descendit. Empruntant les vêtements de sa servante, elle descendit et se changea dans un fourré, puis alla à la rencontre du pauvre paysan célibataire afin de connaître que pouvait être valeur, pour un paysan, et quelle était valeur, pour un fille d'empereur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonjour, paysan. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux baissés, ce dernier ne répondit pas. Il avait, à la tenue de l'inconnue, reconnu une personne de haut rang, servante d'un noble personnage, et son rang ne lui permettait pas de l'importuner avec sa grossièreté. Mais, du reflet de sa houe, il vit les yeux de la fille de l'empereur de Chine, et son jugement en fut troublé ; car voici : elle avait de splendides yeux en amande ; clairs, et qui tranchaient sur la pâleur de son visage et la noirceur de sa chevelure. Et le paysan souffrait d'être célibataire. Aussi, au bout d'un moment, et voyant que la belle apparition ne s'en était pas allée, il répondit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonjour, belle fille noble.&lt;br /&gt;- Que fais-tu là, paysan ?&lt;br /&gt;- De ma houe, je brise la terre et la retourne, afin qu'elle soit revivifiée par le soleil et porte à nouveau, l'an prochain et en abondance, les légumes que je vais y semer.&lt;br /&gt;- Un an ? C'est long, paysan, pour pouvoir manger à nouveau. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grattant sa terre, le pauvre paysan célibataire ne répondit pas. C'était ainsi qu'allaient les choses, pour lui. Une année pour préparer la terre, une année pour faire pousser et récolter, et une année pour s'en nourrir. Il en allait ainsi, et ce n'était pas la peine, à ses yeux, d'en dire plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Montre-moi, paysan, comment tu agis, et laisse-moi agir de même.&lt;br /&gt;- Montrez-moi vos mains, belle fille noble. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle fit ce qu'il lui demanda, et lui, émerveillé, contemplant les longs doigts fins et blancs, la peau fine et délicate sous laquelle battaient des veines bien rouges, soupira d'aise, les yeux ravis par cette merveilleuse vision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne le peux, belle fille noble. Vos mains seraient abîmées par ce travail, et ce serait grossier de ma part de gâcher leur beauté. Regardez mes mains et comprenez. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lui montra ses mains, de rudes mains de pauvre paysan célibataire, emplies de cals et de corne, aux rides emplies de terre, aux ongles courts et cassés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Voici mes mains, belle fille noble. Voici ce que de retourner la terre en a fait. Ne me demandez pas d'infliger un traitement identique aux deux colombes que sont vois mains.&lt;br /&gt;- Ah, il suffit. Quand j'ordonne, tu dois obéir. Montre-moi, je veux savoir. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, la mort dans l'âme, le pauvre paysan célibataire prit sa houe, la plaça dans les mains de la fille de l'empereur de Chine, et, se plaçant dans son dos, lui saisit les bras au niveau des coudes et les leva.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il est lourd, ton instrument, paysan.&lt;br /&gt;- Je ne le trouve pas lourd, puisque c'est grâce à lui que je me nourris. Mais je comprends qu'il en aille ainsi pour vous.&lt;br /&gt;- Et ensuite, quand l'instrument est levé, que fais-tu ?&lt;br /&gt;- Voici, j'en abats le tranchant sur le sol, et pousse le manche pour que se soulève la terre. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ainsi, dans la douce journée ensoleillée sur les bords des chemins du monde, le paysan apprenait à la fille de l'empereur de Chine comment sarcler et retourner la terre, abîmant ses mains douces et fines sur le bois grossier de sa houe, lui prenant la taille pour mieux lui montrer comment ne pas se fatiguer trop vite, enivré malgré lui par son parfum précieux de fille de l'empereur de Chine ; et quand ses mains rudes et grossières de pauvre paysan célibataire frôlaient les douces colombes qu'étaient les mains de la fille de l'empereur de Chine, il en était à chaque fois bouleversé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C'est douloureux, paysan, dans mes mains.&lt;br /&gt;- Montrez-moi, belle fille noble. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle étendit ses mains ainsi que les plumes de la roue d'un paon, et il vit au beau milieu d'icelles, perle rubis sur la neige de sa peau immaculée, une goutte de sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il suffit, à présent, belle fille noble. A quoi bon gâcher encore la douceur et la blancheur de vos paumes sur le bois de la houe ? La vie de pauvre paysan célibataire n'est pas pour vous, et vous en avez appris assez pour aujourd'hui. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle le regarda, et dans sa figure, elle vit un soleil qui brillait bien plus chaud que le soleil de son précepteur. Mais il commençait à se faire tard, et elle vit, brillant au loin et se rapprochant, les armures des soldats du roi, qui s'inquiétaient de ne plus la voir et avaient quitté l'équipage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi, plaquant très rapidement un baiser léger comme une plume sur la joue du pauvre paysan célibataire, elle le quitta et s'en retourna vers le carrosse au-delà du tournant de la route, serrant au creux de sa main une goutte de sang. Elle fit signe aux soldats d'attendre, et se changea dans les fourrés, avant de regagner le véhicule, cependant que le pauvre paysan célibataire continuait de retourner la terre pour la vivifier dans le soir qui s'en venait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps passa, la perle de rubis au creux de la main de la fille de l'empereur de Chine sécha et s'envola, ne laissant qu'une petite trace blanche et fine en souvenir de ce qu'elle avait manié la houe, ce jour-là, sur les bords des chemins du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A quelques temps de là, à la veille des célébrations de l'an neuf, l'empereur de Chine fit convoquer sa fille dans la grande salle couverte de nacre et lui parla, alors qu'il était assis dans son trône en écailles de dragon, savourant un thé dans lequel il faisait tourner une petite cuillère de vermeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ma fille, tu vas bientôt être en âge de te marier ; il me faut te choisir un époux. Mais tu sais que je t'aime, et je ne veux pas en choisir un qui n'ait pas ta convenance. Aussi, dis-moi : y en a-t-il un qui ait ta préférence ?&lt;br /&gt;- Je ne le sais pas, père, je n'en ai pour l'heure trouvé aucun qui me convienne tout à fait. Ton vizir est fort sage, mais il a au fond de l'œil comme une lueur mauvaise et qui me fait peur, quand il me regarde et ne sait pas que je l'observe. Concernant ton chambellan, je ne sais ce qu'il pense vraiment, tant il excelle à cacher ses pensées. Si le capitaine de ta garde est fort bien fait, il ne sait parler que de sang et d'honneur. Quant à nos voisins, ils sont tous fort âgés et je ne goûte guère aux plaisirs qu'ils affectionnent. Je ne sais, père, lequel prendre...&lt;br /&gt;- Il ne presse pas trop que tu arrêtes ton choix, ma fille adorée, mais le royaume ne saurait trop attendre. Aussi, je te laisse une année pour ce faire. L'an prochain, lors des célébrations de l'an neuf, tu annonceras ton choix à ma cour. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi fut proclamé, avant que les fusées de l'an neuf n'illumine le ciel et que les pétards chassent les mauvais esprits, de par les routes du monde, la nouvelle que l'an prochain la fille de l'empereur prendrait un époux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une année passa. A la cour de l'empereur de Chine, tous complotaient pour obtenir les faveurs de la fille de l'empereur, mais cette dernière à tous se refusait. Tel était trop ceci, tel autre trop cela, et aucun ne lui convenait. Le grand vizir, qui de tous était le plus empressé, fit appel à un magicien, qui amena dans une pièce secrète de nombreux appareils étranges qui zonzonnaient, crépitaient  et bruissaient étrangement, avec sur leur face des cadrans qui tournaient en tous sens et affichaient des valeurs sans cesse changeantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son champ, au bord des routes du monde, le pauvre paysan célibataire avait semé et, parce qu'il avait l'amour des plantes qui poussent et savait y faire pour vivifier la terre, ses légumes poussèrent en abondance. Il les emmena au marché, mais ils avaient tant et tant poussé qu'il ne put tous les vendre, et se retrouva néanmoins en possession d'une belle somme d'argent pour un pauvre paysan célibataire. Il mit des choux en jarre pour les faire fermenter, il mit des courgettes, des aubergines et d'autres plantes encore en bocaux pour l'hiver, récolta et fit sécher son riz et ses autres céréales, prépara et ainsi fit des provisions pour toute l'année à venir. Contemplant, dans le cellier, toutes ses provisions, il en était content, et remercia les dieux ainsi qu'il se devait. Il pensait parfois à cette belle fille noble dont il avait fait couler le sang, et, étrangement, cette pensée ne lui faisait pas peur. Quand virent les temps des célébrations de l'an neuf, il s'en alla à la grande ville pour y assister aux festivités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fille de l'empereur de Chine n'avait pas arrêté son choix, et ne savait que faire pour annoncer la nouvelle à son père. Reculant le moment, elle se taisait. Quand vint le moment des festivités, elle monta dans son carrosse et parcourut les rues de la grande ville, cachée derrière les rideaux et observant la foule qui se pressait, étourdie du bruit des pétards qui éclataient de toutes parts, enivrée de joie et de ferveur. Au sein de cette foule, le pauvre paysan célibataire regardait passer le somptueux équipage et se souvenait des mains comme des colombes de la jeune fille noble, de la douceur de sa taille quand il l'avait prise pour lui montrer comment manier la houe, et de l'éclat, sauvage et imprévisible, étincelle de bonheur, de ses lèvres sur sa joue quand elle l'avait embrassée. Mais un paysan ne saurait convoiter une jeune fille noble, et il tentait de se résigner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu es célibataire certes, mon ami, mais tu es aussi pauvre et paysan. N'espère pas contempler tous les jours de ta vie ce qui ne fut qu'un rêve, contente-toi de ton statut et cherche plutôt, en ce jour de liesse, une compagne qui te soit accessible. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici ce qu'il se disait alors que, les yeux pleins d'étoiles, il contemplait le passage de l'équipage somptueux de la fille de l'empereur de Chine. Mais les hommes sont ainsi faits que jamais tout à fait ils ne renoncent à leurs rêves, et il suivit le cortège jusqu'aux grilles du grand palais.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-4402230279568646175?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/4402230279568646175/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=4402230279568646175&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/4402230279568646175'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/4402230279568646175'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2007/11/do-les-histoires-viennent.html' title='D&apos;où les histoires viennent...'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-5326615211022086280</id><published>2007-06-20T14:11:00.000+02:00</published><updated>2007-06-20T14:14:15.916+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_TayB5FB39Jg/RnkaDUp2bUI/AAAAAAAAAAc/ZewDX8fAIkM/s1600-h/Lotus3.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5078118699223117122" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_TayB5FB39Jg/RnkaDUp2bUI/AAAAAAAAAAc/ZewDX8fAIkM/s400/Lotus3.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_TayB5FB39Jg/RnkZtEp2bTI/AAAAAAAAAAU/w2rlrV-TblY/s1600-h/Portrait+de+famille.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5078118316971027762" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_TayB5FB39Jg/RnkZtEp2bTI/AAAAAAAAAAU/w2rlrV-TblY/s400/Portrait+de+famille.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-5326615211022086280?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/5326615211022086280/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=5326615211022086280&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/5326615211022086280'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/5326615211022086280'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2007/06/blog-post.html' title=''/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_TayB5FB39Jg/RnkaDUp2bUI/AAAAAAAAAAc/ZewDX8fAIkM/s72-c/Lotus3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-8296399980323707096</id><published>2007-05-10T11:58:00.001+02:00</published><updated>2011-12-14T14:52:04.731+01:00</updated><title type='text'>Elisabeth</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cette nouvelle paraîtrai prochainement aux éditions Asteroide, pour liseuses électroniques.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-8296399980323707096?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/8296399980323707096/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=8296399980323707096&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/8296399980323707096'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/8296399980323707096'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2007/05/elisabeth.html' title='Elisabeth'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-5450009641600818359</id><published>2007-04-06T14:00:00.000+02:00</published><updated>2007-04-06T14:06:35.729+02:00</updated><title type='text'>Ici et maintenant</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_TayB5FB39Jg/RhY3pHST2EI/AAAAAAAAAAM/2f5OtMZX_p8/s1600-h/Bella.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5050285211612600386" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_TayB5FB39Jg/RhY3pHST2EI/AAAAAAAAAAM/2f5OtMZX_p8/s400/Bella.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;Me revoilà, ma licorne, ma Luminalba. Je me suis tu, je le sais bien.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;Mais ce silence m'était nécessaire.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;Il était beau, du moins je le crois.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Et tu es restée belle, aussi, dans mes rêves.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;J'ai reçu ce matin au courrier un colis qui contenait les services presse de (Pro)Créations.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Je ne pouvais pas mettre ici la nouvelle de ma plume qui y figure.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Alors je t'offre, en compensation, Bella Bartok, perchée sur un pommier dans le verger.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Je reviendrai bientôt, ma douce muse. Tu me connais, n'est-ce-pas, tu sais comment je suis, et tu me pardonneras mes absences.&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;A bientôt&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-5450009641600818359?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/5450009641600818359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=5450009641600818359&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/5450009641600818359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/5450009641600818359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2007/04/ici-et-maintenant.html' title='Ici et maintenant'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_TayB5FB39Jg/RhY3pHST2EI/AAAAAAAAAAM/2f5OtMZX_p8/s72-c/Bella.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-113907365280828964</id><published>2006-02-04T18:15:00.002+01:00</published><updated>2011-11-18T17:54:20.903+01:00</updated><title type='text'>... et nos peurs,si proches</title><content type='html'>Tu sais, Luminalba, je pense toujours à toi. Je te sais proche, présente en moi, et je rêve...&lt;br /&gt;Alors, parce que les poissons-chats se nourrissent de tout ce qui tombe dans ma mare, voici, Luminalba, quelques images de mes peurs du futur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Leboeuf se paye une toile&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Cette nouvelle est parue dans le recueil "Sanshôdo" paru aux éditions Ad Astra&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-113907365280828964?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/113907365280828964/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=113907365280828964&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113907365280828964'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113907365280828964'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2006/02/et-nos-peurssi-proches.html' title='... et nos peurs,si proches'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-113810707588342183</id><published>2006-01-24T13:43:00.001+01:00</published><updated>2008-09-07T11:05:27.992+02:00</updated><title type='text'>La vie, la mort, le temps, nous peut-être...</title><content type='html'>Souvent, du fond de ma mare, si froide en cette saison, me parviennent d'étanges échos. Est-ce mon coeur qui parle alors, est-ce mon âme qui tente de retrouver le chemin de ma mémoire ?&lt;br /&gt;Tout homme, peut-être, est un loup qui rêve... Voici, Luminalba, comment s'en allèrent les loups d'ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;La dernière chasse&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Cette nouvelle, remaniée, paraîtra prochainement sur un support papier.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-113810707588342183?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/113810707588342183/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=113810707588342183&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113810707588342183'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113810707588342183'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2006/01/la-vie-la-mort-le-temps-nous-peut-tre.html' title='La vie, la mort, le temps, nous peut-être...'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-113735956178809943</id><published>2006-01-15T22:09:00.001+01:00</published><updated>2011-12-14T14:54:27.308+01:00</updated><title type='text'>De songes et de bulles d'air au creux de l'hiver</title><content type='html'>&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Tourne le poisson-chat au fond de sa mare, cherchant à discerner, par delà la glace qui l'emprisonne, les ombres des licornes...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:130%;"&gt;&lt;em&gt;Conte de la forêt qu’on désertée les licornes&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cette nouvelle paraîtra prochainement aux éditions Asteroide, pour liseuses électroniques&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-113735956178809943?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/113735956178809943/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=113735956178809943&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113735956178809943'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113735956178809943'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2006/01/de-songes-et-de-bulles-dair-au-creux.html' title='De songes et de bulles d&apos;air au creux de l&apos;hiver'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-113154660653054372</id><published>2005-11-09T15:26:00.000+01:00</published><updated>2006-01-10T10:43:45.706+01:00</updated><title type='text'>Muddy Waters, de nouveau</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;You Can't Lose What You Ain't Never Had&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Had a sweet little girl, I lose my baby, boy ain't that bad&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Had a sweet little girl, I lose my baby, boy ain't that bad&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;You can't spend what you ain't got,you can't lose some little girl you ain't never had&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Had money in the bank, I got busted, people ain't that bad&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Had money in the bank, I got busted, people ain't that bad&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;You can't spend what you ain't got, you can't lose some little girl you ain't never had&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Ain't that the truth boys&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Had a sweet little home, it got burned down, people ain't that bad&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;My own fault, people ain't that bad&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Well you know you can't spend what you ain't got,you can't lose some blues you ain't never had&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Have mercy!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Sweet little home, got burned down, people ain't that bad&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Yeah you know I had a sweet little home, it got burned down, people ain't that bad&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:arial;color:#006600;"&gt;Whoa you know you can't spend what you ain't got,you can't lose some little girl you ain't never had&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-113154660653054372?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/113154660653054372/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=113154660653054372&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113154660653054372'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113154660653054372'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/11/muddy-waters-de-nouveau.html' title='Muddy Waters, de nouveau'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-113153806563736402</id><published>2005-11-09T13:05:00.000+01:00</published><updated>2005-11-09T13:07:45.656+01:00</updated><title type='text'>Etouffement</title><content type='html'>Il n'y a plus d'eau dans la mare du poisson-chat, juste de la boue sur laquelle je tressaute encore quelques instants, attendant je ne sais quoi, guettant je ne sais plus qui.&lt;br /&gt;Et ce silence, qui rugit dans mon crâne, et ces mots, tant espérés et qui manquent à l'appel. Quelque chose est en train de mourir, et combien cela est douloureux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-113153806563736402?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/113153806563736402/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=113153806563736402&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113153806563736402'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/113153806563736402'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/11/etouffement.html' title='Etouffement'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-112963346590215771</id><published>2005-10-18T12:59:00.000+02:00</published><updated>2005-10-18T13:04:25.913+02:00</updated><title type='text'>Dangereuse pleine lune</title><content type='html'>Tu sais, il ne faut pas regarder l'astre de nuit dans les yeux, quand il est plein. C'est ainsi que l'on se brûle les yeux. C'est ainsi que, poisson-chat faisant des bulles au fond de la vase, on se prend pour un seigneur de la forêt, que l'on sort de son trou, et que, brutalement, on suffoque...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y en a eu, du sel, dans la mare, aujourd'hui. Mais mes yeux se sèchent doucement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un cicatrice de plus dans les poumons. La Lune est dangereuse quand elle est pleine. Elle te fait croire qu'il fait jour, que tout est possible. Et puis, brutalement, tu réalises qu'il fait nuit, que les feux-follets que tu voyais danser ne sont pas des rêves potentiels, mais simplement des feux-follets, des gaz de décomposition qui spontanément s'enflamment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne pleut pas aujourd'hui. J'ai tellement besoin de pluie, cependant...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-112963346590215771?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/112963346590215771/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=112963346590215771&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/112963346590215771'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/112963346590215771'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/10/dangereuse-pleine-lune.html' title='Dangereuse pleine lune'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-112215445441988592</id><published>2005-07-23T23:10:00.000+02:00</published><updated>2005-07-23T23:34:14.426+02:00</updated><title type='text'>Autour de la lune, de nombreuses étoiles</title><content type='html'>Cela faisait longtemps, n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;T'ais-je manqué ? Je ne crois pas. Les choses vont et viennent, les gens ne sont sont, à tout prendre, que des épiphénomènes,de l'écume à la surface des choses, volant dans le vent nocturne, leurs traces s'éffaçant au gré des rythmes de la vie. Désolé d'avoir gardé le silence. Mais, quand on manque d'air, on l'économise, bouffée après bouffée, on évite de parler pour ne pas rompre le silence de l'immuable, de ce qui nous dépasse, de ce qui est au-delà de nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu m'a manqué, mon âme... Tant et tant que je suis sec, feuille morte ballotée à la brise chaude ; quelques arêtes au fond de l'eau qui lentement se décomposent dans la mare, près de la fontaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et j'ai bu, pourtant,à cette fontaine. Trop, peut-être...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il y a la pleine lune. Il y a ces étoiles, tout autour, ces étincelles éclairant la nuit, et je tourne et retourne au fond, si près de la vase. Mais il y a cet espoir mais il y a ces souvenirs de choses jamais encore advenues, ce souvenir factice de te savoir si proche...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a, je le sais, l'eau entre nous, qui fait que je ne puis te rejoindre, l'eau qui me fait respirer et me maintient...&lt;br /&gt;L'eau qui coule de tes yeux, l'eau qui coule des miens.&lt;br /&gt;Sel et eau... Bretagne, Brocéliande...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le fer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bientôt je reviendrai, Luminalba, Ma licorne... Bientôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Porte-toi bien, il Me faut encore un peu d'oxygène avant de pouvoir à nouveau te parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A bientôt, le monde&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-112215445441988592?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/112215445441988592/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=112215445441988592&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/112215445441988592'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/112215445441988592'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/07/autour-de-la-lune-de-nombreuses-toiles.html' title='Autour de la lune, de nombreuses étoiles'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-111678800811688384</id><published>2005-05-22T20:33:00.001+02:00</published><updated>2008-08-01T11:25:11.804+02:00</updated><title type='text'>Nos vies entre nos mains réunies</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Ce texte a été réservé et paraîtra prochainement sur support papier.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-111678800811688384?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/111678800811688384/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=111678800811688384&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/111678800811688384'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/111678800811688384'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/05/nos-vies-entre-nos-mains-runies.html' title='Nos vies entre nos mains réunies'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-111661807561394495</id><published>2005-05-20T21:24:00.000+02:00</published><updated>2005-05-20T21:43:28.966+02:00</updated><title type='text'>Poussière dans le vent, promesses non tenues</title><content type='html'>Parfois, ça me prend, comme une antique douleur, des pixels égarés sur un CD, des yeux immenses qui se tournent vers moi, interrogatifs, depuis le passé...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Chuch a été castré hier. Cela n'a pas l'air de beaucoup le gêner, et ses miaulements ne sont pas interogatifs, il sait, lui la valeur des choses qui restent. David a eu son permis de conduire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et moi, je me sens vieux, tout d'un coup. Hier encore des larmes brûlantes dans le vent, hier encore des douleurs qui me disaient que j'existe. Mais est venue la poussière, mais sont venus les vents du temps, souffler leur haleine sèche sur mes yeux trop ouverts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Synchronicité et ses échos... Luminalba, silhouette floue qui semble s'éloigner à mesure que j'avance dans le temps. Tout ce que j'ai fait, dans ma vraie vie, est-ce que cela a plus de poids que les bulles d'un poisson-chat ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le CD gratte comme un vinyle... Février 1950, Chicago, la ville des vents :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;I went to my baby aww... And I stand on aww, on her stair... She said come on in, muddy...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le rythme est toujours le même, simplissme, les accords de guitare sèche minimalistes, mais la musique me hante. Peut-être est-il temps de quitter la mare, peut-être est-il temps de laisser galoper les chevaux loin d'ici...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rends-moi mes ailes, Luminalba, j'ai tant besoin de voir le monde d'en haut, tant besoin de me sentir vivant, tant besoin de lumière... S'il te plaît, blanche licorne, s'il te plaît, muse impalpable et immatérielle, s'il te plaît, mon rêve de beauté... Fais-moi m'envoler, une fois encore, ouvre la porte de mes rêves, juste une fois...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les temps du printemps parfois sont si noirs, si secs, si pleins de poussière. Mes yeux me brûlent, et dans l'eau les parfums se noient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Respirer, l'espace d'un instant, le parfum de ta chevelure. Et laisser le vent emporter la poussière... M'emporter ailleurs, vers l'arche de lumière...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne sourit guère, le poisson-chat. Il est vieux. Excuse-le, Luminalba... Excuse-le, il a bu trop d'eau croupie, il a trop usé ses yeux à regarder l'intérieur de son crâne. Demain, il ira mieux, peut-être.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-111661807561394495?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/111661807561394495/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=111661807561394495&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/111661807561394495'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/111661807561394495'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/05/poussire-dans-le-vent-promesses-non.html' title='Poussière dans le vent, promesses non tenues'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-111463752220507317</id><published>2005-04-27T22:49:00.000+02:00</published><updated>2005-04-27T23:43:16.553+02:00</updated><title type='text'>Du coin de l'oeil, des baies de morelle noire et un chat blanc</title><content type='html'>Je ne suis jamais très loin, tu sais...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me cache au fond de l'eau, dans les remous de la vase, et l'on m'oublie souvent. Avec le temps, va, tout s'en va, faut croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que te dire ? Des excuses ? Il y en aura toujours, et ce ne seront jamais que des circonstances, au minimum, atténuantes. Le temps, on en fait ce qu'on veut, après tout. Il va, il vient, il nous appartient tellement qu'on oublie d'en tenir compte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors voilà, je vais te dire une très vieille histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela se passe il y a longtemps, dans une vie d'homme, il y a quarante ans. Un petit garçon, blond au yeux bleus, et sa soeur dans la cour d'une maison, dans un petit village plein de géraniums au fenêtres en été. Je me souviens qu'il y avait un magasin, une quincaillerie, je crois, dans ce village, et que ce magasin s'appelait Trescher. Je ne savais pas lire, mais je déchiffrais déjà les lettres. Plus tard, j'en ai beaucoup ri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait de la morelle noire, dans la cour, qui poussait dans un coin vaguement herbeux. On ne sait rien à cinq ans. La fille n'avait que six ans, elle ne savait rien non plus.&lt;br /&gt;"Oh, des myrtilles, mange, c'est bon, les myrtilles, maman aime tellement ça..."&lt;br /&gt;C'est vrai que c'est délicieux, les myrtilles, même si je n'en avais jamais mangé ; ma mère nous avait dit, émue, comment elle les ramassait, ironie de l'histoire, ici même en Brocéliande, quand elle était étudiante à Rennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors les sirènes, l'hôpital, les murs peints en vert luisant, les néons tranchants de lumière, le tuyau enfoncé de force dans la gorge, et l'eau qui coule, et la cuvette, verte, qui se remplit. Et la douleur au fond de la gorge, la panique de ceux qui jamais ne paniquent puisqu'ils sont les piliers du monde, mes parents, la honte de vomir en public, les terribles crampes de l'estomac malmené.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'incompréhension, la peur de mourir, à 5 ans...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les monstres, dans mon enfance, me terrifiaient moins que les humains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai été puni pour avoir mangé du poison. Ma soeur a été félicitée pour avoir donné l'alerte. Elle aussi en avait mangé, mais elle l'a nié, et on l'a crue, même quand, pour essayer d'empêcher qu'elle meure de ce poison, je l'ai dit. On n'a pas lavé son estomac. Je n'ai plus rien compris. Alors j'ai réfléchi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ne passe pas, avec le temps. Il est des accidents qui marquent les organes vitaux à vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longtemps, j'ai souffert de crises de foie. Il y avait le lit que je ne quittais pas durant une ou deux semaines. Il y avait la bassine juste à côté, qui peu à peu se remplissait, de plus en plus liquide, jaune. Il y avait les douleurs, les incessantes douleurs qui mettent en nage et font tourner la tête, qui réveillaient en plein milieu de la nuit et faisaient hurler de rage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon corps a fini par signer la paix avec mon foie.&lt;br /&gt;Ma tête n'a jamais pu s'y résigner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crise de foi, perte de foi en l'humain, aux dieux qu'il crée. Ca, plus quelques écorchures, plus la haine aux basques comme moyen de survie. Mais on survit, n'est-ce pas ? On survit toujours. Même quand, à l'âge de cinq ans, on efface le monde. Il n'y a pas d'âge pour devenir solipsiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juste comme ça, on survit et on avance, un pas après l'autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une bouffée d'eau au fond de la vase, un frétillement de la queue, et on finit par remonter vers la lumière. Non parce que c'est vital, mais simplement comme ça, un peu par curiosité, beaucoup par habitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est mon plus ancien souvenir, Luminalba. Je l'avais oublié, perdu de vue, la vie me l'a rendu, mais je n'en veux plus. En veux-tu, toi, de ce gros paquet de vase qui remonte en tourbillonnant du plus profond du lit de la rivière ? Je ne veux pas te l'offrir, c'est un cadeau empoisonné. De la morelle noire. Une plante qui pousse à côté de la fumeterre, sur le même genre de terrain, un peu poussiéreux, très sale, très vague.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ton reflet me manque, licorne, le reflet de ta magie guérisseuse, l'éclat des lunes sur la nacre de ta corne. L'espoir aussi, le rêve, tout ce qui gomme l'habitude. Tu es tout cela, Luminalba, blanche lumière. Alors je te convoque à nouveau, mes entrailles à l'air pour l'extase de te savoir vivante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la vie, n'est-ce pas ? Et le temps que l'on passe penché sur ses blessures, comme disait ma soeur licorne, à gratter la croûte pour voir si ça saigne toujours, pour voir si l'on existe ou si l'on n'est qu'un rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un poisson chat, ce n'est qu'un songe qu'on oublie, une image fugace, entrevue et déjà disparue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un éclat de couleur au coin de l'oeil et rien de plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne nuit, ma forêt, bonne nuit, le petit Peuple. Le Chuch, qui a tellement grandi, miaule pour sortir affronter le renard qui maraude aux abords du poulailler. Blanc dans la nuit, proie trop aisée pour le hibou grand duc qui hulule le soir au bord de l'étang du Pas du Houx. Désolé, le Chuch. Ta nuit sera avec moi, tu le sais et tu ronronnes déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne nuit, les licornes. Bientôt, je vous reviendrai. Mais l'heure est au léchage de plaies, et mes larmes dans l'eau perdent leur saveur. Il n'est de silence éternel en Brocéliande, puisque même la mort y ouvre ses portes, à une date pas très éloignée de mon anniversaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne nuit, le monde. Le Chuch lèche, de sa langue râpeuse, le bout de ton nez, ainsi qu'il a coutume de me faire. Il est comme ça, le Chuch. Il nettoie, même si ça fait mal. C'est sa façon de dire son amour. Il est blanc comme une licorne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-111463752220507317?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/111463752220507317/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=111463752220507317&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/111463752220507317'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/111463752220507317'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/04/du-coin-de-loeil-des-baies-de-morelle.html' title='Du coin de l&apos;oeil, des baies de morelle noire et un chat blanc'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-111089018757352686</id><published>2005-03-15T13:24:00.000+01:00</published><updated>2005-03-15T13:36:27.576+01:00</updated><title type='text'>Printemps</title><content type='html'>Ainsi s'en vint le printemps, à la faveur d'un rayon de soleil chauffant doucement les bourgeons des arbres fruitiers qui bientôt seront en fleurs...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la mare tourne toujours le poisson-chat, sans trêve car c'est sa nature. Une ombre de loup s'est profilée à la surface ; excuse-moi du retard, Luminalba, douce licorne, excuse les mots qui pas encore n'ont franchi la barrière de mon esprit. Mais l'ombre du loup m'a bloqué, a empli mon âme, et il fallait que jaillisse ce cri pour que je puisse m'en retourner vers toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais voilà, le loup s'en est allé, hier j'ai taillé les branches mortes aux troncs des arbres et dorénavant je peux rire et chanter, libre enfin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car voici, c'est que le printemps est là, c'est que chantent les oiseaux aux alentours de la longère, c'est que le Chuch fait le fou en jouant avec les chiennes en se prenant pour le maître des lieux, c'est que les poules rousses, se regorgeant, grosses commères austères, font bouffer leurs plumes d'un air pincé en s'indignant de ce qu'elles ne puissent quitter leur basse-cour, jeunes et tendres pousses de salade obligent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est le printemps, Luminalba, le temps de la lumière, le temps où danser sur les champignons en compagnie du Petit Peuple, le temps où s'émerveiller de la floraison des digitales dans les fossés, le temps des crocus jaunes qui éclaboussent de soleil le vert cru et flamboyant, presque fluo, de la pelouse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est le temps où bientôt, très bientôt, je continuerai ton histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonjour, le monde, il fait soleil en Brocéliande, aujourd'hui, et c'est un jour magnifique pour rire et danser.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-111089018757352686?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/111089018757352686/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=111089018757352686&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/111089018757352686'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/111089018757352686'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/03/printemps.html' title='Printemps'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110909349704891719</id><published>2005-02-22T18:14:00.000+01:00</published><updated>2005-02-22T19:09:43.120+01:00</updated><title type='text'>Le temps</title><content type='html'>Ces mots-là ne sont pas de moi ; peut-être les as-tu déjà entendus, je les ai volés à un cadavre oublié, dont le crâne n'est plus couvert par une mousse neigeuse de pensées anarchistes. Car c'est toujours l'hiver, ici, le temps du sommeil, le temps des souvenirs. Je me souviens comme tu disais que tu ne pouvais pas travailler en ma présence ; je me souviens comme, sous une identité d'emprunt, j'avais été le vérifier, et j'en avais été ému ; &lt;em&gt;mais avec le temps, même les plus chouettes souvenirs, ça t'a une de ces gueules à la galerie j'farfouille dans les rayons de la mort, le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Avec le temps, va, tout va bien...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Tu t'es faite invisible, tu t'es faite présence fantômatique, reflet d'écume sur la mer des souvenirs embellis par la nostalgie. &lt;em&gt;Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard, et l'on se sent floué par les années perdues&lt;/em&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, probablement, avec le temps, tu ne m'aimes plus, si tu m'as jamais aimé ; &lt;em&gt;le coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien de licornes venues boire dans la mare où je planque les souvenirs, tout au fond, sous la vase ? Tant et tant, tant de temps passé, et seul un reflet pour savoir que je n'ai pas rêvé tout seul. Combien de licornes, combien de cornes plongeant dans l'onde, quand seul un reflet encore me murmure la tendresse chérie des souvenirs qui se délitent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Luminalba, oh ma blanche lumière de licorne, mon plus beau souvenir, mes plus belles gouttes salées, rouges ou transparentes, Goethe mourant appelait pour plus de lumière, mais je ne suis pas allemand ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais peut-être n'est-il plus temps de passer les heures à écouter Léo, peut-être que la poussière finira par m'empêcher de respirer ; sur le CD, j'ai gravé Cow-boy Junky qui chante : &lt;em&gt;Won't you share a common disaster ? Share with me a common disaster ? A common distaster...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots filent entre mes doigts comme du sable, comme le temps, et je ne sais que t'écrire, comment ramener de la vase les sourires que tu m'offrais comme poussaient les roses, éblouissantes et vite passées, comme un flash de lumière qui figerait le temps. Ou encore, ces moments où sous ton mépris apparent, je sentais poindre la douleur que je t'avais infligée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est une autre chanson, sur ce CD, de Nick Cave, qui elle aussi a le pouvoir de soulever la poussière pour en faire les colonnes sur lesquels je bâtis, à l'aide de lettres, le temple où t'abriter : &lt;em&gt;What they say here is true, then we'll meet again, me and you&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'eau a gelé dehors, dans les flaques, et je m'asphyxie dans ma tête, je manque d'air... Offre-moi ton souffle, offre-moi tes lèvres, et respirons ensemble.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;This prayer is for you, my love, sent on the wings of a dove, an idiot prayer of empty words...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Piano et violon, ligne de basse, puis silence... Ne me laisse pas étouffer au fond de la mare, j'ai besoin de printemps et d'arbres feuillus, de chants d'oiseaux et de digitales au fond des fossés, de rires et de joies, de sabots résonnant sur la terre qui sonne comme un tambour, de mouvement et d'élan ; mais pour toi, je râpe ma peau à l'écorce des souvenirs, je puise à l'encre des remords et de la tristesse, de ce qui fut et ne sera plus, de ce qui aurait pu être et ne sera pas, de tout ce que je sais de toi et de tout ce que j'ignore encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A bientôt, Luminalba, à bientôt, les licornes, à bientôt, le monde... Le printemps viendra. Forcément. Un jour ou l'autre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110909349704891719?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110909349704891719/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110909349704891719&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110909349704891719'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110909349704891719'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/02/le-temps.html' title='Le temps'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110782341510335845</id><published>2005-02-08T01:31:00.000+01:00</published><updated>2005-02-08T01:50:13.876+01:00</updated><title type='text'>Pluie d'hiver sur Brocéliande...</title><content type='html'>... Et la terre, sèche, boit l'eau, revit, espère, rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette nuit, deux yeux, au ras du sol, une biche dans un fossé jouait à se faire passer pour un renard ; biche ou licorne ? L'équinoxe d'hiver s'éloigne, la vie reprend ses droits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pluie d'hiver aussi, sur mon âme : froide, glaçante même, mais revigorante. Tu peux lire, Lucie, tout, désormais, puisque tu as désaltéré mes rêves ;-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Luminalba ne sera probablement pas montrée au jour ainsi que prévu à l'origine... Mais bientôt, elle secouera sa crinière au-dessus de la fontaine de Barenton, et viendra l'orage, gardez les yeux ouverts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David m'a prêté un CD de Bjorn Berge, un bluesman du froid (Norvégien, si je me souviens bien) ; dessus, grosse surprise, il y a une reprise de "Ace of Spades". je ne m'attendais pas à ça, mais peut-être que c'est cela, le rythme qui convient pour faire sortir Luminalba, pour l'amener hors des sombres sous-bois en pleine lumière. Mais prenez garde, car seules les âmes pures voient les licornes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et vous, ne baissez pas les cornes, licornes, même quand l'une de vos soeurs menace de s'écrouler, même quand sourd le sang bleu des écorchures de son passé ; faites front, car les temps sont froids, peut-être même sommes-nous au coeur de l'hiver de l'homme. Il est des douleurs qui nous apprennent à vivre en commun, et bien souvent elles sont très proches de nos angoisses profondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au poisson-chat, qui tourne en rond au fond de la rivière, presque à sec avant l'arrivée de la pluie d'hiver, il reste le blues pour mettre du chaud dedans le corps. Pluie d'hiver, pluie d'hiver... Quelle importance la pluie quand on est mouillé, dit la carpe. Fouillons le fond, sous la vase se trouvent encore de gros vers à déguster, des bébés dragons à dévorer, des cauchemars à digérer. Et le poisson-chat tourne, tourne, tourne, sur la musique de Bjorn Berge, c'est bon, ça, coco, bientôt, bientôt, bientôt... (Demain on rase gratis)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon appétit, bons rêves, le monde. Il est tard, et je dois m'en aller dormir.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110782341510335845?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110782341510335845/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110782341510335845&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110782341510335845'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110782341510335845'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/02/pluie-dhiver-sur-brocliande.html' title='Pluie d&apos;hiver sur Brocéliande...'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110711750953912052</id><published>2005-01-30T21:33:00.000+01:00</published><updated>2005-01-30T21:38:29.540+01:00</updated><title type='text'>A l'heure où les licornes vont boire</title><content type='html'>Voici l'heure, elle est venue, et déjà la nouvelle avance, près de 8.000 caractères, et ce n'est que l'intro, aux reflets d'Ukraine, au rythme où bat le coeur de ma forêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Luminalba et Ponthus, puis les trois moineaux et Ponthus. Bientôt, tout sera fini, bientôt, le sang sèchera et les feuilles mortes s'envoleront sous le vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bientôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très bientôt,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A bientôt, le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110711750953912052?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110711750953912052/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110711750953912052&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110711750953912052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110711750953912052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/01/lheure-o-les-licornes-vont-boire.html' title='A l&apos;heure où les licornes vont boire'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110665778332530705</id><published>2005-01-25T13:15:00.000+01:00</published><updated>2005-01-25T14:12:51.170+01:00</updated><title type='text'>Cherchant la lumière</title><content type='html'>Tout au bout de la nuit, il me faut chercher la lumière. Parce que c'est ainsi que les hommes vivent : en consommant la misère du monde, en exposant leurs plaies pour pouvoir exister dans le regard d'autrui, en comparant leurs blessures pour espérer regarder le soleil et les étoiles, pour se sentir vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans ces heures silencieuses, où rien n'existe qui ne soit enclos dans nos crânes, que peut poindre la lumière. C'est par les larmes que j'existe, c'est leur sel qui donne du relief à mon existence. C'est la souffrance qui ouvre les portes du ciel, disait, à peu de choses près, Martin Luther. C'est par la souffrance d'être que l'on apprend à devenir meilleur, disait, à peu de choses près, Gautama. C'est notre kharma, disaient ses disciples. C'est mon métier, disait Margaret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui suis-je, stringer, pour ainsi offrir à mes lecteurs leur dose régulière de douleur, de larmes et de tristesse ? Où va notre monde, si c'est ainsi que je puis m'insérer parmi mes semblables ? Car ainsi je participe de cet élan vers le pathos, vers la lutte entre Eros et Thanatos, entre la pulsion de vivre et la pulsion de mourir ; c'est cela qui fait je prends ma place parmi vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est légitime de crier lorsque l'on souffre, mais cette légitimité nous donne-t-elle le droit d'écouter les cris ? Je ne le sais pas. Il n'est pas de degrés, il me semble, dans la souffrance. Alors, s'approprier les douleurs de l'autre pour, à l'aune de nos vies encagés dans les contraintes sociales, les comparer aux nôtres pour en atténuer la portée, cela constitue-t-il un devoir de mémoire ou un devoir de légitimation ? On ne peut que se sentir coupable d'avoir souffert, et de contempler la souffrance d'autrui atténue cette culpabilité. Car il n'est point de peine pour notre rédemption, pour le deuil de nos aspirations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au coin de la longère où j'habite, il est un vieux chêne, âgé probablement d'au moins deux cents ans. Sous certains éclairages, parmi les reliefs de son écorce se dessine un visage, comme celui d'un ent. Il était pleine lune, cette nuit, quand je suis sorti, et ses yeux m'ont suivi du regard. Je lui ai demandé où était la voie, mais il n'a pas répondu. Les affaires des hommes ne sont pas pour les gardiens de la forêt, les hommes vont et viennent trop vite, ils ne sont que des épiphénomènes naturels. Et leurs questions, leurs interrogations... La pluie qui manque à la terre, en ce moment, est bien plus vitale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chercher la lumière, tout au fond du lit de la rivière, sous les pierres et dans la vase ; chercher encore et toujours, les étincelles qui font de nous des êtres vivants et sapiens ; l'indécence, la grossièreté de cette démarche est ce qui nous construit, ce qui nous permet d'évoluer parmi nos semblables. En découvrant, parmi les ordures et la crasse, l'éclosion d'une rose, je me sens vivre, je me sens pleurer des larmes de joie, je me dis que...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car tel est le poisson-chat, fouissant le fond de l'eau pour y trouver sa substance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes rêves sont douloureux, mais tellement beaux. Je ne suis pas fait pour être un animal grégaire. J'aime les promenades silencieuses en forêt, où seuls les chants d'oiseaux, le murmure de l'eau et le souffle du vent dans les feuilles sont mes interlocuteurs. J'aime les silences où j'ai ma place, la seule qui vaille, la seule qui m'apporte la sérénité, où l'on m'accepte tel que je suis, non tel qu'on me voit ou tel qu'on me présente. C'est là qu'est ma lumière, mon paradis intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Luminalba, Luminalba, licorne blanche à la crinière noire, qui hante mes songes, qu'as-tu fais de moi, sinon une âme qui erre, seule dans la foule ? Le temps de l'éveil est de fer, le temps de l'éveil est de sel, et comme un enfant solitaire, je ferme les yeux et cherche, sur l'écran de mes papupières, le lait et le miel...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est triste, de vieillir, de comprendre qu'il n'est de lumière qu'au fond de la nuit, qu'au bout de nos détresses, quand l'insomnie nous tourne et nous retourne entre des draps froids. Et je sais ta lumière chaude, douce licorne, je sais la douceur de ton flanc et l'odeur suave de ta peau. Mais tu es d'un autre temps, d'un autre espace, et il n'y a que virtuellement que je peux te rejoindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attendez encore, prenez patience, licornes venues boire au miroir des fées. L'enfant n'est pas encore né, il a pris forme, il bouge en moi, mais il n'a pas encore poussé son premier cri. Construisez patiemment, de crin et de chaleur, son berceau. Prenez votre temps car il n'est pas encore temps, dans l'espace de ce rêve, d'ouvrir le monde à une nouvelle douleur, à un nouveau cri qui apaisera les âmes en leur faisant partager la souffrance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis désolé, Lucie, une fois de plus... Mais, comme l'enfant que je porte en moi, je cherche encore la lumière, et aujourd'hui la nuit n'est pas encore morte malgré le soleil qui illumine Brocéliande.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110665778332530705?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110665778332530705/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110665778332530705&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110665778332530705'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110665778332530705'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/01/cherchant-la-lumire.html' title='Cherchant la lumière'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110629847612773757</id><published>2005-01-21T10:04:00.000+01:00</published><updated>2005-01-21T10:13:51.750+01:00</updated><title type='text'>Ozymandias</title><content type='html'>My name is Ozymandias, king of kings&lt;br /&gt;Look on my works, ye mighty, and despair.&lt;br /&gt;Nothing besides remains.&lt;br /&gt;Round the decay of that colossal wreck,&lt;br /&gt;Boundless and bare,&lt;br /&gt;The lone and level sands stretch far away.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                 Shelley&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pas appris ça, à l'école. C'est dommage...&lt;br /&gt;J'ai appris ça tout à l'heure. Merci, Patrick. C'est vrai que c'est beau, Shelley. Mais comment écrire après cela ? Désolé, gens de passage ici. Demain, encore, peut-être...&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110629847612773757?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110629847612773757/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110629847612773757&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110629847612773757'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110629847612773757'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/01/ozymandias.html' title='Ozymandias'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110597849862530938</id><published>2005-01-20T01:37:00.000+01:00</published><updated>2005-01-20T01:04:15.176+01:00</updated><title type='text'>Rouge est le sel</title><content type='html'>Cette nuit, dans l'eau, une goutte : rouge, fer et sel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrefois, ici, on extrayait le fer pour en faire des clous. La terre saigne encore, dans le ruisseau qui coule au fond du Val sans Retour, tu l'as vue, l'eau qui coule, veinée, chantante au-dessous des ruines du pont. Je sais que tu n'as pas oublié, parce qu'il me reste l'image où, silencieuse, tu contemples l'arbre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est des souvenirs que l'on n'oublie pas, qui demeurent en nous, gouttes de métal liquide qui coulent en nos artères et font de nous des robots dont la tâche, unique, est de survivre ; moins que l'humanité que rêvions, mais tellement plus que celle que nous voyons. Et cela est beau, car cela est vrai, au-delà des métaphores, au-delà des images, des licences et des ellipses. Car la beauté d'être se suffit à elle-même. Souffrir, peut-être est-ce prouver que nous sommes vivants, beaux de l'être encore malgré la douleur qui nous réduit au silence (très masculin, ce truc, par ailleurs, désolé).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un troupeau de licornes en Brocéliande, et Limunalba n'est que l'une d'entre elles. Parfois, à la faveur d'une pleine lune, d'autres cornes se reflètent dans l'onde du miroir aux fées. Et, sur les arbres alentours, certaines marques l'indiquent fugitivement, cicatrices ligneuses où sont pris, parfois jusqu'au petit matin, des crins, blonds, noirs, bruns ou roux. Mais quand pointe l'aurore, quand s'anime le lieu, ces fragiles témoignages s'effacent. Qui sommes-nous, mâles humains encagés dans nos hormones, pour oser penser pouvoir, un jour, approcher les licornes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chat huant m'a accompagné tout à l'heure, alors que, sous le dais des nuages d'hiver, j'ai commis quelques pas sur l'herbe. Je lui ai parlé, il m'a répondu. Dormez braves gens, tout est calme, rien ne bouge, tout dort, dormez braves gens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rouge est le sel du monde ; rouge, chaud et salé. Tu as vu l'arbre, licorne venue boire l'eau à ma rivière, tu as vu comme il ouvrait les bras pour t'accueillir, après avoir accueilli Jora fuyant la Moldavie. Et tu sais, si tu y laisses un peu de crin, ce n'est pas grave, au matin, tout aura disparu dans le foisonnement des houx alentours. Aussi viens, approche-toi, il est encore plus beau en hiver, le hêtre sans feuilles, nu devant toi, uniquement vêtu de sa mousse duveteuse. Nul n'en saura rien, il est situé dans l'espace et le temps du rêve, au-delà de la virtualité ou de la réalité, et tu en connais la route, juste là, derrière ton front.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les poissons ne parlent pas, et sous les feuilles mortes trempées de pluie, les anacondas n'ont pas leur place. Les ailes s'ouvrent la nuit, pourtant, et il n'est plus de silences en nos crânes quand souffle le vent nocturne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui fut une journée pleine de fracas, de cris, de bris de verre et de fureur. Mais tout est calme, à présent. Seule, sur le sol, tranchant sur le blanc du carrelage, une trace rouge : le sel de nos larmes. Le Chuch dort dans mes bras en ronronnant doucement. L'heure n'est pas venue d'écrire Luminalba (désolé, Lucie, désolé, Gya) ; d'autres licornes sont venues boire à ma rivière. Mais, demain, peut-être...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh, oui, demain, matin, très tôt, quand tout dort encore, même le soleil, quand le silence nous enveloppe comme une douce couverture, comme un songe confortable... Demain...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A demain, licorne, à demain, Luminalba, à demain, le monde. Il me faut encore rêver de vous avant de vous voir. Une nuit, encore, s'il vous plaît. Juste une nuit, tant il est beau ce rêve que je caresse, tant il me faut souffrir avant de l'exposer en place publique, avant de le perdre à jamais. Combien de mes rêves ainsi s'en furent, pourtant, morts désséchés parce que, les chérissant trop, je n'ai pas su les mettre au monde, les expulser de mon ventre. Je ne peux te perdre, mon doux rêve de licorne et de chevalier, pas maintenant, pas si tôt, et il me faut néanmoins dormir, rêver, peut-être. Excusez ma nuit, excusez mes rêves. Excusez-moi, mes rêves, si je vais vous abandonner à d'autres yeux, à d'autres âmes... C'est mon kharma, m'avait dit Margaret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;May your night be full of magnificent dreams, Gya, Irina, Christina, Laura, Diana, Julia. May all your nights be full of dreams, unicorns that sometimes drink water at this river full of red salt, iron and tears mixed together.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110597849862530938?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110597849862530938/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110597849862530938&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110597849862530938'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110597849862530938'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/01/rouge-est-le-sel.html' title='Rouge est le sel'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110597852561215977</id><published>2005-01-17T17:06:00.000+01:00</published><updated>2005-01-17T17:15:25.613+01:00</updated><title type='text'>La grande dame</title><content type='html'>A l'origine, je pensais écrire sur l'écriture, aujourd'hui. Mais je ne crois pas que je le ferai, finalement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poisson-chat, aujourd'hui, fait des ronds de bonheur dans l'eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On m'a prêté un concert d'Heather Nova (à Cologne, en 96, je crois). J'en ai eu les larmes au yeux sur "Island" ; je connais cette chanson depuis l'année de sa sortie, mais à chaque fois, c'est pareil. Je craque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, la grande dame. Florence Magnin m'avait promis quelque chose, et j'ai été le chercher (enfin) aujourd'hui ; je sais, j'aurai pu y aller plus tôt, mais...&lt;br /&gt;Et c'est, en grand format, le poster du dessin que j'avais illustré pour le calendrier Nesti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trop d'émotion pour écrire ; le poisson-chat est gavé et dort dans la vase, les nageoires croisées sur son ventre replet. On verra ça la prochaine fois, genre d'ici quelques jours, le temps que ma digestion d'anaconda soit achevée.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110597852561215977?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110597852561215977/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110597852561215977&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110597852561215977'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110597852561215977'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/01/la-grande-dame_17.html' title='La grande dame'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110587633730247597</id><published>2005-01-16T13:11:00.000+01:00</published><updated>2005-01-16T13:38:01.183+01:00</updated><title type='text'>3 moineaux sur les fils du téléphone</title><content type='html'>Je voulais te dire, aussi :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dehors, sur le fil du téléphone, trois moineaux blottis attendent. Le monde va trop vite, trop vite. Je voudrais rejoindre une caravane pour avoir le temps de perdre mon temps. Je voudrais aller à Samarcande, parce que le nom de cette cité est splendide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne lis pas ce qui suit, Lucie, tu ne voulais pas connaître la nouvelle et j'ai envie de la raconter. Alors je vais la raconter, à l'encre bleue. Comme ça, tu sauras quand tu pourras recommencer à lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000066;"&gt;La licorne s'appelle Luminalba. C'est la contraction de Lumina alba, lumière blanche en roumain. On a trouvé ça avec Gya.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatre saisons, quatre apparences, mais toujours la même âme, toujours la même beauté, qui irradie si fort qu'on en a mal aux yeux et à au coeur, qui qui nous rend si fort et si beaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Equinoxe de printemps, petite fée, frimousse pointue et chapeau en corolle de digitale, qui joue parmi les champignons&lt;br /&gt;Solstice d'été, comme une magicienne au sommet de son art, qui habite les lacs et distribue les épées, à la voix qui tonne et à la peau douce&lt;br /&gt;Equinoxe d'automne, vieille enchanteresse fatiguée, qui ouvre la porte des morts et s'en va les rejoindre&lt;br /&gt;Solstice d'hiver, lumière froide, soupir, souffle, esprit qui berce les vivants et leur promet les printemps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatre instants pour une licorne à la peau blanche et à la noire crinière, qui rit en s'ébrouant dans la fontaine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y aura trois moineaux, qui porteront les voeux et les âmes. Il y aura de l'eau, des îles de feuilles mortes comme des oasis dans l'océan forestier. Il y aura des serments que l'on s'impose et des serments que l'on nous impose. Il y aura des salamandres et des couleuvres qui glissent en silence dans l'onde. Il y aura des ellipses et des licences qui seront des clés, et où seront cachés des messages secrets. Il y aura des silences, aussi, pour que résonne plus longtemps la musique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas encore s'il y aura l'inspecteur Leboeuf et Jean Dupont, en voiture, écoutant le Velvet Underground. Je ne sais pas encore s'il y aura une pauvre hère ballotée par le monde. Je ne sais pas encore si cela se passera avant ou maintenant. Je ne sais pas encore s'il y aura un acrostiche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je sais. Je sais que Ponthus, le postulant chevalier, aimera la licorne. Je sais qu'elle ne lui rendra pas exactement la pareille, même si... Parce qu'il est des mondes qui ne peuvent pas fusionner, tout au plus s'effleurer en de tendres et infimes points de contacts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je sais comment tout cela finira, sous les branches du grand hêtre, quatre fois par an. Avec peut-être des touristes étonnés et incrédules. Avec peut-être un peu de papiers gras et de frites froides, pour faire plus vrai. Mais avec des choses que seuls verront ceux qui ont envie de lire.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcel dort sur le bureau, en boule, la queue repliés sous son ventre imposant. Oban et Dulcymer dorment sur le lit. Suzy dort sur la cheminée. Le Chuch dort dans le carton où je range les cartouches d'imprimantes vides. David dort dans son lit. Tout le monde dort ici, malgré le jour qui essaye en vain de percer les nuages. Aurore est partie travailler ce matin très tôt. Elle avait l'air en forme, et ma joue garde encore le souvenir ému du petit baiser qu'elle y a déposé avant de quitter le logis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet après-midi, je vais mettre le vin de noix en bouteille. On le goûtera en dégustant la galette avec Christian et Jasmine, tout à l'heure. Je vais reprendre un café. C'est dimanche. Je suis bien, ici. A lundi, le monde.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110587633730247597?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110587633730247597/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110587633730247597&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110587633730247597'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110587633730247597'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/01/3-moineaux-sur-les-fils-du-tlphone.html' title='3 moineaux sur les fils du téléphone'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110585481086342426</id><published>2005-01-16T06:46:00.000+01:00</published><updated>2005-02-22T19:12:36.246+01:00</updated><title type='text'>Matin tôt sur Brocéliande</title><content type='html'>C'est Ned qui a été le facteur déclenchant, quand elle m'a demandé si je faisais la gueule, quand elle a dit que mes lecteurs se languissaient de mes écrits. Avant, y'avait eu Xavier, et encore avant Bruno Bordier. Bref, y'avait quelque chose comme ça dans l'air de mon temps de ma tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche matin brumeux sur Brocéliande. Les chiennes dorment sur le lit, en rond, leurs pattes s'agitant au rythme de leurs rêves. Le Chuch, chat blanc aux yeux bleus de son état, rôde aux abords de la cheminée, surveillant les braises à peine encore rougeoyantes, cherchant quelle va être la première connerie qu'il va commettre aujourd'hui. C'est l'heure silencieuse où les chats-huants vont se coucher et où les poules ouvrent un oeil. Silence, pas d'étoiles à cause des nuages bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Well, my mother told my father just before I was born : I got a boy child coming, he's gonna be a rolling stone." No Jimi this morning, but original Muddy Waters inside. And there still swims the catfish in morning dusty water, looking for worms, looking to feed. Good morning everybody, from the lakes and rivers of my mind. May sun walk on your side all along the day. May shadows of dragons pass far away.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que je n'irai pas au marché ce matin. Hypertrichose palmaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;I need more coffee. Lucie, j'ai essayé d'appeler le CIA hier, mais y'avait personne ; j'essayerai de nouveau lundi, je te tiens au courant. Ah oui, et merci à ceux que la nage matinale du poisson-chat intéresse.&lt;/span&gt; Et oui, Bruno, ceci est un blog. Mais comme je dis dans le message précédent, c'est pas parce que c'est écrit que c'est vrai. Sauf si c'est écrit en lettre de sang, bien sûr :-D&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I saw Diana that other day : just a short bliss of her forehead, a short bliss of her arm. I recognize them both. But I had recognize how she wrote before. She was with Irene and Anna, her two models, and she didn't want to appair on screen. She told me she wants to come here. It was some lie, some bad joke that she seems sometimes to enjoy. We spoke a bit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I understood a lot, that time. Why she sometimes was angry, upset. Why she spent so much time with me. And all the rest, that's not been told, that's hidden deep down under the stones laying in river.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;No regrets, no more dead dreams. It's early morning, let's sit by my side under that huge oak, take my hand and wait for the sun to rise. It shall rise, I'm almost sure.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110585481086342426?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110585481086342426/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110585481086342426&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110585481086342426'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110585481086342426'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/01/matin-tt-sur-brocliande.html' title='Matin tôt sur Brocéliande'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10168165.post-110577221538949919</id><published>2005-01-14T08:25:00.000+01:00</published><updated>2005-01-15T13:54:17.726+01:00</updated><title type='text'>On démarre aujourd'hui / Starting today</title><content type='html'>"Yeah, have you heard of Mississipi ? Have you heard of Muddy Waters ? Of John Lee Hooker ? Give me a A".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'an passé, j'avais rencontré un type plutôt très bien, qui m'avait prêté pleins de CDs de Jimi. Là-dessus, il y avait une version magistrale du Catfish de Muddy Waters. Quand tu veux pour récupérer tes CDs, Nicolas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon. Quoi que je vais mettre dans ce blog ? Des trucs vrais, d'autres complètement inventés. J'ai juste envie d'expérimenter ce truc. Et de gagner du temps dans mes relations à autrui, aussi, histoire de soigner gentiment ma sociopathie. Alors, pour simplifier, entre mes délires, vous pourrez repérer les trucs vrais et sincères que je dirai ; ces portions de texte seront écrites &lt;span style="color:#ff0000;"&gt;en rouge. Il y aura des parties en anglais, des parties en français, bref, ce sera le gros bordel. Mais chacun devrait y retrouver de quoi satisfaire sa curiosité.&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt; Si vous voulez faire des commentaires, c'est en privé qu'il faut m'écrire, je n'ai pas envie de poster les états d'âme des mes lecteurs, c'est à eux de le faire, pas à moi&lt;/span&gt; ; si vous êtes ici, c'est que les bulles que fait un poisson-chat en remuant la vase de son crâne vous intéresse. Alors écrivez au poisson-chat.&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Aidez à soigner son besoin de nécessaires liens sociaux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;On a tous besoin de rêves et de pluies de fées, de plumes d'anges et de nuages en ouate. Il est tôt, dehors il fait nuit. C'est l'heure du poisson-chat qui nage en rond, en boucle, en anneau de Moebius :&lt;br /&gt;"Well I wish... I was a catfish ... Swimming in, Lord !, the deep blue sea ... I have all you, pretty women... Fishing after me."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;What's written in red is real ; rest is only virtual.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;We do all need dreams and faeries rain, angel feathers and cottonwool clouds. It's pretty early, there outside, still night. It's catfish's hour... What is real doesn't matter. What's virtual neither. Just dust is important, for it's what gives a taste and a colour to water. Brown, like earth...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, ce matin, dans la boue de mon crâne qui peine à se réveiller, j'avais envie de chanter : "Oh Jim, how could you leave us this way, hey hey hey hey, how could you leave us this way ?" (ça, c'est du Lou Reed).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;Ah, oui, aussi : j'existe toujours, je vais bien, et bonne année à tous ceux à qui je ne l'ai pas encore souhaitée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10168165-110577221538949919?l=muddycatfish.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://muddycatfish.blogspot.com/feeds/110577221538949919/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10168165&amp;postID=110577221538949919&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110577221538949919'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10168165/posts/default/110577221538949919'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://muddycatfish.blogspot.com/2005/01/on-dmarre-aujourdhui-starting-today.html' title='On démarre aujourd&apos;hui / Starting today'/><author><name>Jean Millemann</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03457066867554180625</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
